Bonus-malus avec une assurance auto


Ça fait un petit temps que vous roulez sans accroc ? Alors, vous méritez bien une petite récompense : avec pratiquement toutes les compagnies d’assurances, vous avez un système de bonus-malus. Qu’est-ce que ça comprend exactement ? On vous explique tout.

Qu’est-ce que le bonus-malus ?

Si durant un an vous ne causez aucun accident, vous recevez alors une réduction sur votre assurance. Ceci est appelé le système bonus-malus, implémenté dans les années 70 en Belgique. Le mot vient du Latin, et signifie « bien-mal ». Les conducteurs qui ne coûtent rien aux assureurs sont récompensés, tandis que les personnes qui ne roulent pas prudemment doivent payer davantage.

Aujourd’hui, ce système est principalement appliqué à l’assurance responsabilité civile, qui est obligatoire. Cette dernière couvre les dégâts occasionnés à d’autres personnes lors d’un accident. Il est souvent moins utilisé pour les options supplémentaires comme une omnium, une assurance conducteur, ou une assurance protection juridique.

Comment est-calculé votre bonus-malus ?

Tout d’abord, il est bon de savoir qu’il n’existe pas de système officiel. Les assureurs peuvent déterminer leur propre façon de calculer leur bonus-malus. Il existe donc des différences importantes entre les assurances auto sur le marché, qui valent la peine d’être comparées.

Le point de départ de chaque calcul de bonus-malus est identique dans pratiquement tous les cas. Les compagnies font généralement appel à une échelle, qui comporte généralement 23 degrés, de 0 à 22. Certaines indiquent des chiffres situés en dessous de 0, tandis que d’autres peuvent atteindre 24 ou 25. Le principe reste similaire dans tous les cas : un chiffre plus bas signifie une réduction plus importante pour le prix de votre assurance auto. Une place plus haute fera quant à elle monter votre facture. Le but est donc d’atteindre l’échelon le plus bas possible.

Le nombre de degrés que vous montez ou descendez par an dépend de votre assureur. En général, vous baissez d’un échelon après 12 mois si vous n’avez pas causé d’accident, tandis que vous pouvez tout à fait monter de 5 points si vous êtes en tort dans un accrochage. Le tableau ci-dessous vous montre votre nombre d’années depuis lesquelles vous possédez votre permis, par rapport à votre nombre d’accidents en tort :

bonusmalus

Un bon conseil : si vous planifiez de changer d’assurance auto : vérifiez toujours les conditions générales des deux assureurs. Vous y retrouverez le pourcentage des réductions octroyées pour chaque grade. Mais aussi le nombre d’échelons que vous pouvez monter si vous causez un accident et que vous êtes en faute. Ne vous focalisez donc pas uniquement sur le prix de base de votre assurance auto.

Envie de vous faire une idée de la réduction accordée pour chaque bonus-malus ? Jetez un œil au tableau suivant. Les chiffres ont été utilisés jusqu’en 2004 avec le système officiel. Les pourcentages indiquent le montant total de la prime d’assurance automobile que vous devez réellement payer :

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Si vous vous situez sur le plus haut échelon de l’échelle, vous payerez le double du prix normal. Les différences entre les pourcentages peuvent aussi augmenter en cas de haut degré de bonus-malus. Concrètement, votre facture augmentera moins vite si vous vous situez en bas de l’échelle, même si vous provoquez un accident. Vous avez un haut bonus-malus ? Alors un accident supplémentaire aura un plus gros impact sur votre porte-monnaie l’année suivante.

Quelques exemples :

  • Vous commencez l’année avec un degré de bonus-malus 8, et vous recevez 27 % de réduction sur votre assurance auto (=100-73%). Mais pas de chance, vous êtes en tort dans deux accidents. Vous allez donc monter de 9 places (-1+5+5), et vous vous retrouverez directement au degré 17. L’année suivante, vous allez donc payer 117% du prix normal pour votre assurance auto. Ceci signifie que vous avez réellement une augmentation de 44% sur votre facture.
  • L’année suivante, vous avez été un(e) conducteur(trice) exemplaire, et vous n’avez pas causé un seul accident. Vous descendez alors d’un échelon, vers le degré 16. Vous allez alors payer, pour les douze mois suivants, 8% de moins pour votre assurance auto.

Quand est-ce que votre bonus-malus augmente ?

En théorie, chaque accident ou accrochage vous fait monter des échelons. Dans la pratique, votre assureur n’augmentera pas votre bonus-malus si les dommages peuvent être entièrement indemnisés par la partie adverse. C’est seulement en cas d’accident où vous êtes en faute que vous serez pénalisé(e). Ou alors, lorsque votre compagnie d’assurance décide que vous êtes partiellement responsable.

Cependant, certains cas ne tombent pas dans le système du bonus-malus. Pensez par exemple aux vitres brisées, aux dégâts causés par une tempête, aux vols, ou aux dégâts causés par un animal sauvage. Vous trouverez tous les détails concernant ces circonstances dans votre police d’assurance.

La conclusion est simple : un accident en faute fait augmenter votre facture. Il peut, dans certains cas, être plus intéressant financièrement de payer les dégâts causés à la partie adverse de votre poche, plutôt que de faire appel à votre assurance. Vous choisissez cette option ? Alors n’oubliez pas de faire signer un document à la partie adverse, qui prouvera que vous avez bien versé une compensation.

Que devient votre bonus-malus si vous changez d’assurance ?

Chaque conducteur se situe sur un certain échelon du bonus-malus. Pour la plupart des assureurs, il s’agit en moyenne du degré 11, si vous utilisez votre voiture uniquement pour votre usage privé. C’est également le cas si vous venez d’obtenir votre permis, et que vous souscrivez votre première assurance.

Votre degré de bonus-malus sera ajusté en fonction de votre situation personnelle. L’historique de vos dégâts est le premier élément sur lequel votre futur assureur se base. C’est pourquoi il commence généralement par examiner l’attestation fournie par votre ancienne compagnie d’assurance. Ce document comprend en détail tous les dégâts des 5 dernières années. De cette manière, votre assureur peut déterminer le risque, puis vous proposer une prime.

À côté de cette attestation, il examinera votre nombre d’années de permis, ainsi que la période durant laquelle vous avez été assuré(e). Votre expérience de conduite est très importante. Mais d’autres éléments entre également en compte, comme le lieu où vous habitez et le métier que vous exercez. Une personne qui vit au cœur de Bruxelles recevra par exemple une réduction moins importante qu’une personne issue d’un milieu rural.

Qu’est-ce qu’un Joker sur votre bonus-malus ?

Bien sûr, quelques assurances automobiles sont bien conscientes que vous risquez un jour d’être malchanceux(se). Il se peut donc tout à fait que vous causiez un accident par un moment d’inattention, et ce même si vous n’avez plus eu un seul accrochage depuis des années.

Heureusement, il existe ce qu’on appelle un Joker ou un superbonus : le principe est souvent le même. Vous vous situez en bas de l’échelle bonus-malus depuis des années ? Alors, si vous êtes en tort dans un accident, vous n’allez, pour une fois, pas monter d’échelon. En d’autres mots : votre facture n’augmentera pas cette fois-là. Avec la plupart des compagnies, vous devez conduire sagement durant 5 ans pour recevoir un nouveau Joker.

Mais naturellement, votre Joker peut ne pas être applicable dans certaines situations. Vous causez un accident avec quelques verres dans le nez ? Alors votre assureur pourra tout de même choisir d’augmenter votre bonus-malus.

En changeant d’assurance, vérifiez donc toujours bien votre nombre de Jokers. Vous pouvez par exemple dénicher une autre assurance moins chère, mais qui ne dispose pas de ces petits extras. Ceci peut alors vous coûter davantage si vous causez un accident.

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