Miel Horsten (ALD Automotive) : « L’avenir du leasing ? Pour moi, le mot-clé c’est la flexibilité. »


Pourquoi acheter une voiture quand vous pouvez en avoir une en leasing ? Est-ce aussi possible avec une voiture d’occasion ou un vélo ? Miel Horsten de la société de leasing ALD Automotive nous fait part de sa vision pour l’avenir.

ALD est présent dans toute l’Europe. En Belgique, ALD met à disposition 80 000 véhicules, soit un huitième des voitures du pays. Miel Horsten est devenu CEO d’ALD Automotive Belgium en 2012 et va désormais également assumer une fonction au niveau international.

Miel Horsten

Quelles sont les voitures les plus souvent louées dans le cadre d’un leasing ?

Horsten : « Concernant la location longue durée de voitures, il faut d’abord distinguer les voitures B2B des voitures personnelles. En Belgique, le leasing B2B est toujours majoritaire. Pour celui-ci, on trouve généralement des voitures allemandes de petite taille comme la BMW X1 ou la Mercedes classe A. Dans le segment des particuliers, ce sont surtout de petites voitures personnelles qui sont populaires, comme la Toyota Yaris ou la Renault Clio. Dans ce cas, nous ne les louons pas sous le nom ALD Automotive. Les leasings privés sont uniquement proposés en collaboration avec des constructeurs/partenaires à l’instar du Ford Lease, du Nissan Lease, du Volvo Lease, etc. »

Proposez-vous des vélos en leasing ?

Horsten : « ALD Automotive compte actuellement 4 000 vélos en leasing. J’estime que nous en aurons 2 000 en plus l’année prochaine. C’est un marché en plein essor qui est en train de changer radicalement. Au début, c’était la voiture plus le vélo. À présent, nous louons aussi des vélos de manière distincte. Le vélo (ou underlying asset) a lui aussi changé. Au début, l’investissement pour un vélo pliable était de 670 euros. Aujourd’hui, il faut compter environ 3 000 euros. Le concept est complètement différent. Comme l’investissement augmente, c’est aussi plus intéressant pour les entreprises. La demande est donc en train d’exploser. »

Un leasing de vélo permet de parcourir moins de kilomètres avec la voiture, mais cela ne veut pas dire que moins de voitures font l’objet d’une location longue durée.

« Nous constatons que de moins en moins de gens consacrent une partie du budget de leur voiture pour prendre un vélo. Je le comprends : si vous commandez une voiture en janvier, vous n’avez pas envie de vous pencher sur la question du vélo. En juin, c’est déjà une autre histoire. Et ce n’est pas parce que votre voiture doit être rendue à la société de leasing après 3 ans que votre vélo n’est plus en bon état. Je pense donc que la voiture et le vélo vont être considérés comme deux entités à part. »

Auto

« En ce qui me concerne, j’ai toujours combiné les deux. J’ai toujours un vélo Brompton dans le coffre. Je constate quand même que le vélo gagne en indépendance. Ce marché gagne également en maturité : autrefois, il n’y avait que le petit magasin de vélos au coin de la rue. Excellent au passage. Aujourd’hui, on voit qu’il y a de plus en plus de revendeurs professionnels et de grandes chaînes. Un leasing de vélo est donc parallèle à l’utilisation de la voiture. Les gens vont parcourir moins de kilomètres avec leur voiture. Cela ne veut pas dire pour autant que moins de voitures font l’objet d’une location longue durée. »

Que se passe-t-il avec les voitures à la fin du leasing ?

À peine 5 % des clients de leasing achètent la voiture à la fin du contrat.

Horsten : « Il existe plusieurs formules pour les voitures de leasing d’occasion. Une voiture en leasing peut, tout d’abord, être vendue au conducteur ou à un membre de la famille de celui-ci. À peine 5 % des clients de leasing achètent leur voiture à la fin du contrat. Environ 80 % sont exportées. Au terme du contrat de leasing, les voitures sont placées sur une plateforme en ligne mondiale sur laquelle nous vendons 200 000 à 250 000 voitures par an. »

« Elles sont principalement vendues au segment B2B. Souvent, ce sont des commerçants qui viennent acheter des voitures d’occasion. C’est aussi de plus en plus fréquent pour les particuliers via une approche clicks-and-bricks, un modèle commercial dans lequel une entreprise a une boutique en ligne (les clics) et un magasin physique (les briques). Les gens peuvent alors commander une voiture d’occasion en ligne. »

« Nous avons débuté cette expérience en Scandinavie. Si je ne me trompe pas, c’était une femme âgée de 82 ans qui faisait partie des premiers clients. Elle a acheté une voiture d’occasion sans jamais l’avoir vue en vrai. Cette expérience est également synonyme de changements. Nous avons par exemple un partenariat avec Amazon, une entreprise incroyable, bien que très exigeante. Lorsque nous avons commencé avec le leasing via Amazon, ils ont posé comme condition que tout client non satisfait puisse rendre sa voiture après 30 jours. Avec un iPhone, c’est facile. Par contre, une voiture perd, à sa sortie du garage, la moitié de sa voiture pour ainsi dire. Sur ce plan, nous avons dû revoir notre modèle. »

« Autrefois, il n’y avait pas de marché pour les voitures de leasing d’occasion en Belgique. Nous roulons beaucoup et les voitures de leasing affichent généralement beaucoup de kilomètres après 36 ou 48 mois (140 000 à 160 000 km). Grâce au Car-Pass, le marché en Belgique est très transparent. On peut imaginer que les compteurs kilométriques sont parfois trafiqués dans d’autres pays. Les voitures sont d’autre part de plus en plus performantes. Elles restent en bon état pendant beaucoup plus longtemps et les investissements sont aussi plus importants. »

« Prenez une voiture électrique affichant 150 000 km au compteur, par exemple. Elle n’a pas souffert. Pourtant, une voiture d’occasion peut mieux répondre aux besoins qu’une voiture neuve. Imaginez que vous receviez une Volkswagen Golf de votre employeur. Si vous avez 4 enfants, vous préférez peut-être une Renault Espace. Dans ce cas, le fait que ce soit une voiture d’occasion n’a pas d’importance. »

Autrefois, il n’y avait pas de marché pour les voitures de leasing d’occasion en Belgique

« Une tendance au leasing de voitures d’occasion s’est développée : c’est le Second Life Lease, et ce, aussi bien pour le B2B que pour les particuliers. Je ne connais pas les chiffres par cœur, mais je pense qu’environ 500 000 nouvelles voitures sont vendues chaque année en Belgique, et 700 000 à 900 000 véhicules d’occasion. Le 2life Lease est un concept en lequel nous croyons pour l’avenir. Actuellement, c’est un produit qui n’en est encore qu’à ses débuts. En Belgique, il ne concerne que le segment B2B pour le moment. Il concernera le marché B2C par la suite. »

Comment envisagez-vous l’avenir du leasing ?

« Certaines tendances se dessinent. Nous avons la transformation numérique, le bouleversement de la mobilité ainsi que la disruption du secteur automobile lui-même. Pour moi, le mot-clé c’est la flexibilité. L’époque du contrat de leasing fixe de 3 à 4 ans difficilement résiliable est révolue. Nous nous dirigeons vers plus de flexibilité, plus de mobilité, mais aussi plus de véhicules électriques. Nous allons avoir un meilleur équilibre entre nouveaux véhicules et véhicules d’occasion. »

« Il y a une combinaison des tendances. De manière générale, nous allons vers la restructuration (réorganisation d’une entreprise pour engranger des bénéfices plus efficacement). Nous allons davantage rechercher le véhicule qui répond aux besoins du moment. Le secteur du leasing va, en conséquence, changer de manière considérable. Cela implique énormément d’investissements dans le domaine technologique. Nous allons devoir miser sur la numérisation. »

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