’50 % des voitures électriques n’ont pas besoin de bornes publiques’ 


En Belgique, on compte à peine 3 000 bornes de recharge publiques, contre 2 000 dans la seule ville d’Amsterdam. Comment l’expliquer ? Nous avons posé la question à Bart Massin, président de la fédération belge pour la mobilité électrique et fondateur de Stroohm.

publieke laadpalen

Où sont les bornes de recharge publiques ?

« L’opinion commune publique est que les gens ne peuvent pas acheter de voiture électrique car il n’y a pas suffisamment de bornes de recharge publiques. Mais il faut aller au-delà de cette idée, car il est tout-à-fait possible de recharger chez soi ou au bureau. Pourquoi alors faire le choix de recharger sur une borne publique quand c’est moins cher de le faire à la maison ? Celui qui conduit un véhicule électrique ne consacre que 5 % de son temps à la recharge publique.

En réalité, les bornes de recharge publiques se révèlent totalement inutiles pour 50 % des voitures électriques qui disposent d’une borne à domicile. 20 % ont la possibilité de recharger au bureau. Un simple calcul montre donc que 70 % des voitures électriques n’ont pas vraiment besoin d’une borne de recharge publique. Pour les 30 % des conducteurs à l’électrique restants, ils font face à un vrai problème puisqu’ils ne sont pas en mesure de recharger à domicile ou sur le lieu de travail.

Je ne suis pourtant pas d’avis que tout le monde doive rouler à l’électrique. C’est la combinaison de différentes technologies qui va permettre l’évolution. Il ne faut pas avoir des idées arrêtées sur le sujet.

À Bruxelles, 12 % des habitants ont leur propre place de parking. Si vous observez le nombre de personnes qui se rendent dans la capitale tous les jours, il faudrait 8 000 bornes de recharge pour fournir l’électricité nécessaire à l’ensemble du parc automobile.

En Flandre, une personne sur deux dispose de sa propre place de parking. Le chiffre peut être interprété de deux manières : soit on peut penser qu’un véhicule électrique n’apporte aucune solution pour la moitié des Flamands, soit on peut en conclure que ces 50 % qui peuvent recharger chez eux peuvent donc rouler à l’électrique.

En plus, les possibilités de recharger son véhicule au travail sont très nombreuses. La Wallonie reste encore à la traîne actuellement, avec environ 700 bornes de recharge publiques sur l’ensemble de son territoire.»

Recharger au travail : un retour sur investissement de 4 à 5 ans

« Le prix du plein de diesel ou d’essence est quasi identique partout, sauf sur les autoroutes où il arrive que vous deviez payer plus. La différence avec la recharge électrique est considérable.

L’électricité résidentielle en Flandre coûte environ 0,27 €/kWh. Pour une voiture de taille moyenne consommant 15 kWh, cela revient à 4,50 €/100 km. Le tarif est un peu plus réduit en Wallonie, où on compte en moyenne 0,25 €/kWh.

Pour une voiture roulant au diesel ou à l’essence, il faut compter en moyenne 9 €/100 km. Si vous rechargez sur le lieu de travail, vous payez 0,10 € par kWh et réduisez la facture à 1;5 €/100 km. De la sorte, une borne de recharge au travail est remboursée en 4 ans.

Du fait que les (grandes) entreprises sont généralement pourvues d’une cabine à haute et moyenne tension, leurs frais de distribution pour l’électricité sont considérablement plus bas.

Vous payez évidemment pour l’installation : une cabine coûte environ 100 000 euros. Comptez ensuite 2 000 € à 3 000 € par place de parking. Il faut voir cela comme un investissement : plus vous utilisez d’électricité, plus le prix est intéressant. Et vous pouvez ainsi bien l’amortir. »

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