Les 5 niveaux de la voiture autonome (et où nous en sommes actuellement)


Les voitures autonomes ne viennent pas d’aujourd’hui à demain. Mobly a discuté des 5 niveaux d’autonomie des voitures avec Peter Hellinckx, professeur à l’Université d’Anvers. Il a également fait le point sur la situation actuelle avec nous.

Niveau 0

Hellinckx : « Il s’agit des voitures équipées de capteurs qui vous demandent si vous avez vu quelque chose ou non sur la route. Ces équipements sont intéressants, car ils permettent d’éviter les accidents. Exemple : un angle mort ou un élément de ce genre. »

Niveau 1

« On retrouve ici la plupart des nouvelles voitures et même des voitures âgées de quelques années déjà. Dans ces voitures, vous pouvez notamment confier la conduite au véhicule (régulateur de vitesse adaptif) ou profiter d’un système d’aide au stationnement. Vous tournez le volant et la voiture vous guide pour vous garer. »

Niveau 2

« Dans ce niveau, on trouve des systèmes qui allient les différents éléments précédents. Vous êtes dans les embouteillages : rien de plus facile que de laisser la voiture s’arrêter si la voiture devant nous s’arrête, et de la laisser repartir si la voiture qui nous précède redémarre. Le niveau 2 permet de réduire le stress lié aux embouteillages. »

Niveau 3

« Dans ce niveau, on mise sur des systèmes qui permettent à la voiture de rouler de manière entièrement autonome dans un environnement ne présentant pas de difficultés. Vous devez encore garder vos mains sur le volant, mais vous pouvez vous permettre d’être distrait pendant quelques secondes. C’est d’ailleurs là la règle : vous devez être en mesure de réagir dans les secondes qui suivent si votre voiture vous avertit d’un danger ou d’une modification sur la route.

Prenons un exemple : vous circulez sur l’autoroute (ce qui est qualifié d’environnement simple, étrangement). Vous laissez la voiture rouler de manière autonome, car elle voit tout ce qui se trouve autour d’elle et prend les décisions nécessaires. Puis, soudainement, vous croisez un engin de chantier. La voiture vous prévient : je ne sais pas comment réagir, reprenez rapidement les commandes.

Vous vous retrouvez alors dans une situation dangereuse, même si on peut supposer que les voitures de ce niveau sont capables de prendre les bonnes décisions. La personne derrière le volant a besoin de quelques secondes supplémentaires pour faire le point sur la situation et réagir en conséquence. Vous devez être en mesure de reprendre les commandes, mais il vous faut ajouter votre temps de réaction et d’analyse. Forcément, le nombre de secondes augmente. Ce niveau doit faire en sorte que la voiture détecte une situation anormale, avant que vous ne deviez intervenir. »

niveaux autonomes

Niveau 4

« Une voiture de niveau 4 vous emmène d’un point A à un point B sans rencontrer aucun problème. Cela est possible dans n’importe quel environnement, à l’exception de situations extrêmes : des ruelles très étroites dans un centre-ville, des conditions météorologiques extrêmes, une luminosité réduite, un épais brouillard… La voiture vous demande alors de prendre les commandes.
Concrètement, cela implique que le conducteur de la voiture doit être titulaire d’un permis de conduire. »

Niveau 5

« Les voitures de niveau 5 prennent toujours les décisions qui s’imposent. C’est un rêve pour beaucoup, mais nous ne sommes pas encore arrivés à un tel niveau d’autonomie. »

Où en sommes-nous actuellement ?

« Nous pouvons conduire des voitures autonomes de niveau 3. Il y a des modèles qui sont déjà intéressants dans cette catégorie. Nous ne sommes pas encore prêts à passer au niveau 4. Quant au niveau 5, il est encore bien loin. Moi-même, je n’y crois pas à 100 %. Les constructeurs automobiles ont aussi leur propre définition des niveaux et indiquent proposer des modèles d’un niveau supérieur sans qu’il s’agisse pour autant de la vérité.

D’un point de vue purement technique, l’autonomie de Tesla se situe entre les niveaux 2 et 3. Ces voitures ne sont pas encore de niveau 3, car il faut encore souvent avoir les mains constamment posées sur le volant (et non pas après quelques secondes). Si je ne me trompe pas, Audi dispose actuellement d’une A8 de niveau 3. Celle-ci peut rouler de manière autonome sur autoroute, soit une circulation dans un seul sens. Quand la situation devient complexe, vous devez reprendre les commandes.

La différence réside dans la mesure dans laquelle un conducteur doit être attentif. Tesla peut effectuer des mouvements plus complexes dans de nombreux cas, mais exige du conducteur qu’il soit attentif à 100 % de son temps. Audi indique que le véhicule lui-même roule à 100 % en toute sécurité, mais indique à l’avance un certain délai pendant lequel le conducteur doit prendre le relais.

Google fait également des merveilles, mais il est toujours difficile de déterminer où se trouve Google avec exactitude. Ses voitures peuvent rouler de manière autonome sur de nombreuses routes, elles sont celles qui ont parcouru le plus de kilomètres en autonomie, mais c’est un fait : Google ne roule pas à bord de voitures normales. »
Plus l’environnement de circulation est facile, plus il est facile de prouver qu’une voiture réagit correctement.

Ce sont des voitures suréquipées, capables d’effectuer des calculs impressionnants et qui circulent souvent dans des environnements faciles. Et c’est bien là le problème : une voiture de ce type doit toujours pouvoir réagir correctement. Et plus l’environnement de circulation est facile, plus il est facile de prouver qu’une voiture réagit correctement. »

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Réactions

Thierry Jorissens Répondre Edit Delete
13 Fév 2020 — 20:16

En ce qui concerne Tesla, elles sont bien de niveau 3, et cela depuis plusieurs années !

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